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Sarthe : avec Lucas Grandin, la farine devient un paysage sonore
Cliquez pour agrandir© Lucas Grandin, Machinerie pour un paysage de son, 2016, Centre d'art de l'île MoulinSart, Fillé-sur-Sarthe.

© Lucas Grandin, Machinerie pour un paysage de son, 2016, Centre d'art de l'île MoulinSart, Fillé-sur-Sarthe.

Sarthe : avec Lucas Grandin, la farine devient un paysage sonore

Un moulin fantastique est en train de voir le jour au Centre d’art de l’île MoulinSart à Fillé-sur-Sarthe. Aux manettes de ce projet intitulé "Machinerie pour un paysage de son" : un enfant du pays, l'artiste sarthois Lucas Grandin. "Relecture poétique" du moulin d'antan, l'œuvre du plasticien actuellement en résidence est exposée du 23 avril au 12 juin.

Qu'est-ce que "Machinerie pour un paysage de son" ?

C'est en quelque sorte mon moulin à moi… Une relecture poétique de celui de Fillé-sur-Sarthe. Mi-moulin, mi-tourne-disque, l’œuvre sera faite de bois et fonctionnera avec des petits moteurs recyclés. Une tête de lecture "lira" la farine sur un grand plateau tournant pour produire des sons, tandis qu'une caméra captera ses mouvements afin de projeter une vidéo au mur. La farine passera ainsi de la matière à un paysage vivant et animé. La machine sera "mise en discussion" avec une autre plus ancienne intitulée "Unité de traitement poétique de l'eau". Elles seront en opposition visuelle : l'une évoquant le bleu, l'humidité et la mélancolie ; l'autre, le blanc, le sec et la chaleur.

Pourquoi avoir choisi ce moulin comme point de départ ?

Je me suis intéressé à son fonctionnement, son utilité et sa présence sur le territoire. L'agriculture et plus particulièrement la culture du blé ont créé les paysages d'aujourd'hui. Le moulin est donc un lien entre notre terre et ce que nous sommes. De plus, cet appareil possède une empreinte acoustique singulière : roulements, courroies, engrenages… s’emboîtent comme dans une boîte à musique géante. Mon installation évoquera tous ces aspects de manière poétique et sensible.

Que représente ce projet pour vous ?

Je suis originaire de la Sarthe et j'y habite encore aujourd'hui. Pour autant, je n'y travaille pas beaucoup. Ce projet a donc une saveur particulière pour moi, un mélange entre enthousiasme et peur de ne pas être à la hauteur. Je suis conquis par Fillé-sur-Sarthe, autant pour ses paysages que ses habitants. Après m'être rendu dans plusieurs écoles de la ville pour présenter mon projet, j'ai participé à un apéro-conférence sur le thème du son et de l'installation, le 7 avril dernier à l'île MoulinSart. Plusieurs habitants se sont montrés intéressés par mon projet.

Seront-ils impliqués dans cette œuvre ?

Oui, et c'est même déjà le cas : les meuniers m'ont organisé une petite visite du moulin afin que je voie l'envers du décor et les personnes ayant rénové l'édifice m'ont aidé dans le montage de la résidence. J'aime beaucoup travailler avec les gens. Ma démarche, qui mêle son, vidéo, lumière et low-tech*, porte sur l'urbanisme et l'architecture. Cet attrait m'a poussé à élaborer des projets collaboratifs dans des villes du Sud telles que Sao Tomé et Douala. Je mène également de nombreuses opérations de médiation en France, avec des scolaires, des sans-papiers ou des habitants d'un quartier, par exemple. Je me considère un peu comme un "travailleur social" de l'art.


* Low-tech ou basse technologie, par opposition à high-tech, est attribué à des techniques apparemment simples, économiques et populaires. Elles peuvent faire appel au recyclage de machines récemment tombées en désuétude.

"Machinerie pour un paysage de son" de l'artiste plasticien Lucas Grandin

  • Au Centre d'art de l'île MoulinSart, à Fillé-sur-Sarthe
  • Exposition du 23 avril au 12 juin 2016
  • Du mercredi au samedi de 14h à 18h ; le dimanche de 10h à 12h et de 14h à 18h

 

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