En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour nous permettre de réaliser des statistiques de visites. En savoir plus sur la gestion de vos cookies.

Revue 303 "Ruines et vestiges" : regards sur le temps qui passe
Cliquez pour agrandirL’abbaye de Maillezais en Vendée. Photo David Fugère.

L’abbaye de Maillezais en Vendée. Photo David Fugère.

Revue 303 "Ruines et vestiges" : regards sur le temps qui passe

Maître de conférences en histoire de l'art, Thomas Renard est l'auteur invité du dernier numéro de la revue 303 consacré aux ruines et vestiges. Au sommaire : 96 pages pour évoquer "le remous des temps au présent" et voir comment il nourrit aussi bien l'imaginaire que la psychologie humaine.

Pourquoi avoir souhaité travailler sur ce thème des ruines ?

Je vis depuis 3 ans à Nantes, une ville qui a été reconstruite sur les ruines au lendemain de la guerre. Il est intéressant de voir comment elles ont forgé le paysage d'aujourd'hui, où l'on discerne encore les creux des bombardements alors que les ruines elles-mêmes ont disparu. Autrement dit, elles évoquent bien plus que la seule destruction, servant de socle au présent et permettant, pourquoi pas, de se projeter vers l'avenir.

Comment se décline ce numéro de 303 ?

Une douzaine d'auteurs se sont mobilisés pour explorer de nombreuses facettes. Il y a bien sûr la porte d'entrée de l'archéologie, très présente en Pays de la Loire, et de la restauration du patrimoine, dont la conception a changé dans la seconde moitié du XXe siècle. Désormais, on conserve l'authenticité de la ruine, quitte à construire autour pour préserver ces traces, comme c'est le cas à la Galerie David d'Angers ou à Maillezais en Vendée. Autrement dit, on préfère contempler les blessures du passé, plutôt que les effacer en reconstruisant à l'identique par exemple, pour espérer retrouver le passé. Ces vestiges d'hier constitueraient ainsi la marque même de notre modernité.

Le rapport au temps qui passe nourrit aussi l'imaginaire…

La contemplation des ruines a, en effet, profondément imprégné les arts, fournissant la matière d’une réflexion romantique comme cela a été le cas au XIXe siècle. On pense aux voyageurs qui venaient dessiner à la Garenne Lemot, dont la "fabrique" par excellence reste le château de l'autre côté de la Sèvre Nantaise qui a été acheté pour être laissé en l'état. La revue propose aussi une ouverture inattendue vers le cinéma et la photographie, supports destinés à être éphémères.

Que retenez-vous de cette expérience éditoriale ?

Nous avons voulu surprendre le lecteur, en l'éclairant avec des articles généraux, qui vont le mener jusqu'en Chine, mais aussi en lui présentant des spécificités régionales, à l'image des Folies Siffait qui illustrent la couverture ou des ruines archéologiques apparentes et encore enfouies en Pays de la Loire. C'est l'occasion de poser un autre regard sur le territoire mais aussi sur la psychologie de l'homme face à la vie qui suit son cours. L'occasion de voir comment, entre mélancolie et création, nous gardons un œil sur cette histoire qui nous constitue.

Infos pratiques

  • Ruines et vestiges
  • 303 trimestriel N° 140
  • Auteur invité : Thomas Renard
  • Mars 2016 - 96 pages
  • ISBN : 979-10-93572-15-4
  • Prix : 15 € 

 

Rechercher

Quand ?
Du
Au