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Meeting n°14 : la littérature rencontre la géopolitique
Cliquez pour agrandirBernard Werber © Rüdy Waks

Meeting - affiche Decaux-2016

Meeting n°14 : la littérature rencontre la géopolitique

La Maison des écrivains et traducteurs (Meet) de Saint-Nazaire organise chaque année des rencontres littéraires internationales en accès libre avec le soutien de la Région des Pays de la Loire. La 14e édition de Meeting (du 17 au 24 novembre à Saint-Nazaire, puis à Paris et en Île-de-France) est dédiée à Venise et Varsovie ainsi qu'au thème "L’aventure géographique". Les explications de Patrick Deville, écrivain et directeur littéraire de Meeting.

Quelles sont les particularités de ce Meeting n°14 ?

Comme lors des éditions précédentes, le programme est à la fois géographique et thématique et s'appuie sur des publications bilingues réalisées en amont. Les deux littératures étrangères mises à l'honneur cette année sont celles de Venise et Varsovie, et un panorama d'une dizaine d'écrivains vénétiens et polonais a donc été publié pour l'occasion. Trois écrivains qui sont venus en résidence à Saint-Nazaire (Edwin Madrid, Wang Yin et Felipe Troya) reviennent aussi pour la sortie de leur livre en édition bilingue, et un ouvrage collectif a été consacré au thème, "L'aventure géographique".

Pourquoi avez-vous choisi ce thème ?


Le titre est un peu ironique, comme le souligne l'affiche de l'événement. L'enjeu n'est pas de parler de la littérature de voyage, mais des problèmes contemporains liés à la géographie. Interroger ce déséquilibre terrible – et qui s'accentue – entre ceux qui peuvent facilement sillonner la planète et ceux qui embarquent sur des navires de fortune pour traverser la Méditerranée… J'ai aussi souhaité questionner mes confrères européens sur notre rôle en tant qu'écrivains. Puisque nous avons ce privilège de pouvoir aller presque partout, ne faut-il pas le faire encore plus pour raconter ce qui s'y passe ? Ce thème fait également écho au sort d'Asli Erdogan qui est venue en résidence à Saint-Nazaire et a écrit plusieurs fois pour la Meet. Cette romancière turque est emprisonnée depuis le mois d'août et nous avons essayé de la soutenir avec une pétition internationale. Malheureusement, nous avons appris la semaine dernière que la perpétuité a été requise contre elle.

À Saint-Nazaire, tout l'événement se déroule à l'intérieur de la base sous-marine sur quatre jours. Quels sont les avantages de ce format ?


Depuis quelques années, nous sommes arrivés à un équilibre qui nous satisfait et convient aussi au public. Nous tenons vraiment à ce que le festival reste à taille humaine. En tout, une trentaine d'intervenants se succèdent dans une salle qui ne peut accueillir que 300 spectateurs maximum, et l'ambiance est très conviviale : un bar, mais aussi une librairie tenue par Vent d'Ouest sont installés au cœur de l'événement, les lecteurs peuvent déjeuner et échanger avec les auteurs sans avoir à faire la file pendant des heures… Le maître mot est la proximité.

Quels sont les temps forts du programme, les principales têtes d'affiche ?


L'esprit de Meeting est de donner une place équivalente à tous les auteurs. Je veille toujours à ce qu'il y ait des écrivains très connus en France, comme Marie Darrieusecq ou Jean-Christophe Rufin cette année, mais aussi que les lecteurs découvrent à Meeting des auteurs dont ils n'ont jamais entendu parler. Nous accueillons par exemple Felipe Troya, un très jeune auteur équatorien qui vient de remporter le prix de la jeune littérature latino-américaine. Nous publions une version bilingue de son livre et il sera découvert par le public français grâce aux rencontres. Dans la programmation, nous privilégions d'ailleurs les auteurs méconnus pour les moments où nous sommes assurés d'avoir de l'affluence, par exemple le samedi après-midi. À noter cependant un temps fort le samedi soir, avec un récital de poésie d'André Velter, à la fois poète et directeur de la collection de poésie chez Gallimard, qui sera accompagné par le violoncelliste Gaspar Claus.

Quels sont les textes présentés cette année qui vous ont marqué ?


Je connaissais déjà les ouvrages des auteurs français, mais j'ai pu en découvrir d'autres avec les publications bilingues. J'ai notamment été surpris pas un texte du Polonais Filip Springer. Il raconte par exemple que lorsqu'il était enfant, il se disait qu'en Suède la poussière n'existait pas ! Après la chute du mur, il a lui-même pu voyager et est allé en Arménie où, pour la première fois de sa vie, les habitants le considéraient comme quelqu'un qui vient d'un pays riche. Les rôles s'étaient inversés. Cela m'a fait penser au récit que Jean-Christophe Ruffin fait de l'arrivée de Jacques Cœur à Bagdad au XVIe siècle : il découvre un monde de paix, riche et beaucoup plus civilisé que la France alors ravagée par les guerres de religion. Selon les siècles, on peut se retrouver d'un côté comme de l'autre, et la littérature a un rôle à jouer pour que nous en prenions conscience.

Infos pratiques

  • Du 17 au 24 novembre 2016 à Saint-Nazaire (dans la base sous-marine), puis à Paris et en Ile-de-France.
  • Accès libre et gratuit.

Aide régionale

Les Pays de la Loire sont riches d'une quarantaine de manifestations autour du livre organisées de façon récurrente par des associations, des libraires, des bibliothèques, et d'une dizaine de lieux de promotion de la lecture ou de résidences d'auteurs animés par des professionnels. Parmi ces structures, la Maison des écrivains étrangers et traducteurs joue depuis plusieurs années un rôle important d'animation de la vie littéraire en Pays de la Loire.

Animée par une équipe de professionnels, compétents tant sur le plan de la programmation que sur la médiation, elle mène des missions ambitieuses dans le domaine de la création et de la diffusion, au travers d'événements littéraires comme "Meeting", d'ateliers d'écriture, d'actions de formation, de résidences d'écrivains et d'interventions auprès du grand public et de publics spécifiques.

C'est pourquoi la Région des Pays de la Loire, dans l'optique de participer au développement et au rayonnement de la culture du livre sur le territoire, soutient la Meet pour l'ensemble de ses actions avec une aide de 65 000 € en 2016.

 

 

 

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