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Les romanciers de demain à Laval
Cliquez pour agrandirYahia Belaskri

Yahia Belaskri

Les romanciers de demain à Laval

Du 28 avril au 1er mai, la place de la Trémoille, à Laval, accueillera le Festival du premier roman et des littératures contemporaines organisé par Lecture en Tête. Le journaliste romancier Yahia Belaskri parraine pour la deuxième année l’événement. Il nous raconte…

Quels rapports entretenez-vous avec ce festival, dont vous étiez déjà le parrain en 2015 ?

D’abord, j’ai découvert des femmes, remarquables, pleines d’énergie, qui croient en ce qu’elles font et le font bien. C’est cela d’abord le festival : une volonté doublée d’une démarche consciente, élaborée pour donner un éclairage à ceux qui écrivent un premier roman. Et nous savons tous ce qu’est l’écriture : solitaire, difficile, aussi enthousiasmante et passionnante… Le festival de Laval leur offre la chance de rencontrer un public et c’est déjà formidable. Depuis 2 ans, il s’est élargi à la littérature contemporaine et il investit tous les sujets qui intéressent. Et j’avoue que j’ai à son égard une grande tendresse, en plus d’une fidélité totale.

Cette édition 2016 aura-t-elle une résonance et un rôle particuliers au regard de l'actualité terrible de ces derniers mois ?

C’est ce qui caractérise le festival de Laval : son ouverture aux mystères du monde, au miracle de la vie. L’année 2015 a été rude pour nous tous puisque le tumulte du monde a fait irruption dans nos vies, brutalement, hideusement. Le festival ne peut passer à côté et par conséquent, il y aura des rencontres autour de la fiction et sa capacité à dire le réel, également un moment de partage autour de la poésie soufie pour contrebalancer l’islam wahhabite, salafiste, porteur d’une violence inouïe. Ce sera un moment que j’ai appelé "Ode à l’autre" au cours duquel avec un poète et un musicien nous donnerons à entendre les mots d’amour et de respect, telles ces paroles d’Abd el-Kader qui disait "Qui suis-je si je ne suis pas toi ? / Qui es-tu si tu n’étais pas moi ?".

Le programme est riche et varié, aussi bien en termes d'invités que de rencontres. Que ne faut-il pas manquer ?

Tous les auteurs présents sont dignes d’intérêt car tous sont créateurs d’œuvres importantes et passionnantes. Il faudra écouter attentivement Hubert Haddad, intellectuel engagé dont l’imaginaire est tout simplement exceptionnel ; Jean-Marie Blas de Roblès, écrivain de talent qui a tant de choses à nous dire ; le Cubain William Navarrete qui a fui il y  très longtemps le régime castriste et vit aujourd’hui en France ; Sorj Chalandon qui n’est plus à présenter, écrivain à la sensibilité à fleur de peau, émouvant, profondément humain ; Julien Delmaire, poète, slameur et romancier qui va enchanter le public lors de la soirée d’ouverture ; Carole Zalberg, plusieurs fois primée, qui manie les mots pour nous toucher au plus profond de notre fragilité ; Makenzy Orcel, auteur en résidence à Laval, à l’exigence artistique, qui nous ouvre les voies pour entrer en Haïti ; Olivia Burton, auteure d’une bande dessinée pleine de douceur pour évoquer l’Algérie de son père ; Frédéric Ciriez ; Bernardo Kucinski, écrivain brésilien qui vient pour la première fois en France. Il faudra aussi aller à la rencontre des primo-romanciers – expression malheureuse car ce sont des écrivains – venus de France, du Maroc qui est le pays invité, et d’ailleurs.

Un mot enfin sur vos coups de cœur parmi les 16 premiers romans sélectionnés ?

Je les ai tous lus et je peux vous dire qu’ils sont tous intéressants et que leur venue au monde – littéraire – doit être saluée car elle enrichit le paysage. Il faut se réjouir d’une telle floraison d’écrivains, jeunes et moins jeunes, qui nous offrent une autre façon de regarder le monde car ils surgissent au moment où notre monde justement bascule. Pour accoucher d’un autre ? Il faudra les lire.

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