En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour nous permettre de réaliser des statistiques de visites. En savoir plus sur la gestion de vos cookies.

Les "Paysages poétiques" de Dutilleux prennent corps à Angers
Cliquez pour agrandirRobert Swinston © Thierry Bonnet - Ville d'Angers

Robert Swinston © Thierry Bonnet - Ville d'Angers

Les "Paysages poétiques" de Dutilleux prennent corps à Angers

Il est l’un des compositeurs les plus joués dans le monde, et est né à Angers il y a 100 ans. Henri Dutilleux est à l’honneur au Quai, les 10 et 11 juin prochains : en musique… et en mouvements. Rencontre avec Robert Swinston, directeur artistique du Centre national de danse contemporaine, à l’origine de cette création avec l’Orchestre national des Pays de la Loire.

Que représente pour vous la musique d'Henri Dutilleux ?

Elle m’évoque des paysages poétiques, des harmonies sensuelles. Elle a évidemment été une source d’inspiration pour cette nouvelle création chorégraphique. Mais j’ai aussi puisé ailleurs, dans les poèmes de Federico García Lorca ou encore dans les paysages des Pays de la Loire. Depuis mon arrivée à Angers, en 2013, j’ai eu l’opportunité de visiter la région et de l’apprécier pour son rythme, sa beauté et sa poésie. De la fenêtre de mon appartement, je peux voir les nuages. Leurs couleurs et leurs formes changent sans cesse. Cela m’inspire.

"Paysages poétiques" est le fruit d’une collaboration entre le CNDC et l’ONPL. De quelle manière un chorégraphe travaille-t-il avec un chef d’orchestre ?

Plus qu’une collaboration, il s’agit avant tout d’une rencontre. C’est Pascal Rophé, le directeur musical de l’ONPL, qui a fait le premier pas en manifestant l’envie de collaborer avec le CNDC. Pour préparer le spectacle, j’ai assisté à plusieurs répétitions de l’ONPL consacrées à la musique de Dutilleux. Les rythmes de travail des danseurs et des musiciens sont très différents. Notre confrontation avec les musiciens de l’orchestre n’interviendra donc que dans les dernières heures de répétition. D’ici là, nous échangeons avec Pascal Rophé sur sa perception de l’œuvre et sur des choses plus techniques. Très prochainement, nous inviterons les musiciens à découvrir notre travail, qui leur est pour le moment inconnu…

Cette musique se prête-t-elle particulièrement à la danse ?

Elle n’a pas été créée à l’origine pour la danse, mais elle m’inspire la création d’images que le vocabulaire de la danse est à même d’évoquer. Dans le final de la pièce "Métaboles", par exemple, la danse exploite une phrase bondissante et répétée qui coexiste avec le point culminant de la partition. La pièce "Mystère de l’instant", au contraire, appelle à l’immobilité et à l’obscurité. Les dix mouvements courts sont joués sans interruption. Les idées musicales sont énoncées comme elles se présentent, dans une sorte d’instantanéité de la création. C’est cet instant, sa beauté et son pouvoir, qui nourrit mon travail.

Pouvez-vous nous en dire plus sur les œuvres choisies ?

Ce sont trois pièces emblématiques, sélectionnées conjointement avec Pascal Rophé : "Métaboles", "Mystère de l'instant" et "L’arbre des songes". Henri Dutilleux avait réussi une chose rare : être à la fois un classique engagé dans la recherche atonale et un moderne à la popularité exceptionnelle. Les trois pièces choisies illustrent bien cette dualité. Dans "Métaboles", l’ambiance est très aérienne alors que dans "Mystère de l’instant", tout est beaucoup plus sombre, plus immobile et m’inspire des images plus souterraines. "L’arbre des songes" nous ramène à la surface de la terre, dans un grand mouvement d’amplification, de développement.

Vous évoquez un "triptyque à la portée métaphysique"...

Oui. C’est l’impression que me donnent ces œuvres quand je les écoute. D’ailleurs, Dutilleux lui-même évoquait dans ses notes de composition la dimension métaphysique du concerto pour violon "L’arbre des songes", qui clôturera "Paysages poétiques". Il écrivait que "l'ensemble de la pièce se développe un peu comme un arbre", que "la multiplication et le renouvellement permanent des branches est l’essence lyrique de l'arbre".

Rechercher

Quand ?
Du
Au